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AMELIORATION
DE LA SITUATION NUTRITIONNELLE EN AFRIQUE: MA CONTRIBUTION
La malnutrition constitue un problème majeur dans les pays
en développement. Elle intervient dans plus de la moitié
des décès d'enfants dans le monde. Ses ravages s'étendent
aux millions de survivants qui resteront infirmes, chroniquement
vulnérables aux maladies et intellectuellement diminués
[1].
Malgré l'existence des preuves irréfutables sur la
crise de la malnutrition, la question a tardivement suscité
des inquiétudes et des réactions dans l'opinion publique.
Ce n'est que dans les années 80 que l'on commença
à s'intéresser à la nutrition comme un facteur
essentiel du processus de développement. Les gouvernements,
avec l'appui d'organisations telles que l'ACC/SCN, l'ICCIDD, l'UNICEF,
l'OMS, HKI, l'IBFAN et l'Initiative pour les Micronutriments, entre
autres, ont entrepris de mettre sur pied des programmes concrets
pour lutter contre la malnutrition. Ces programmes comprennent entre
autres la protection, promotion et soutien de bonnes pratiques d'alimentation
du jeune enfant (allaitement maternel et alimentation de complément),
l'administration de suppléments nutritifs, l'enrichissement
des aliments en micronutriments et les interventions en matière
agricole.
Dans l'ensemble, les résultats de ces programmes ont été
en deçà des attentes et la situation nutritionnelle
n'a presque pas évolué dans beaucoup de pays africains
depuis plus d'une décennie. Même lorsque les aliments
sont disponibles et distribués de façon adéquate,
la malnutrition existe parfois même sous sa forme sévère.
La situation est aggravée ces dernières années
par la pandémie du VIH/SIDA avec laquelle, la malnutrition
forme un tandem redoutable : l'une favorisant les effets de l'autre.
Il y a donc lieu de réexaminer les stratégies de
lutte et c'est le défi lancé aux futurs nutritionnistes.
Les pionniers ont posé les bases en identifiant les problèmes,
en élaborant les programmes et stratégies d'intervention
et en assurant la formation des cadres locaux. La nouvelle génération
doit s'appuyer sur ces acquis et donner à la nutrition la
place qui lui revient : une approche préventive de nombreux
décès et une composante essentielle de réduction
de la pauvreté.
Ma petite expérience sur le terrain m'a persuadé
qu'il est impératif de poursuivre les recherches afin de
déterminer l'efficacité des programmes, identifier
les faiblesses des stratégies d'intervention, les améliorer
et au besoin de proposer d'autres stratégies, y compris les
initiatives privées.
Dans le cadre de la préparation d'un mémoire de Maîtrise
en Technologie Alimentaire et Nutrition Humaine, j'ai travaillé
au Centre National de Nutrition de mon pays dans un programme de
lutte contre les Troubles Dus à la Carence en Iode (TDCI).
Grâce au soutien financier de l'UNICEF, nous avons conçu
et réalisé une étude sur la disponibilité
du sel iodé à Ouagadougou ainsi que les facteurs pouvant
affecter sa qualité [2, 3]. Une année plus tard, c'est
au Centre de Recherche en Sciences Biologiques, Alimentaires et
Nutritionnelles (CRSBAN) de l'Université de Ouagadougou que
le Fond Mondial de Recherche sur le Cancer me donnait l'opportunité
à travers le projet "Validation of Biomarker of Dietary
Exposure to Fumonisins" d'analyser un facteur causal important
de l'insécurité alimentaire dans les pays en développement
: le problème des mycotoxines. En effet, dans le cadre de
mes travaux de DEA (MSc.), nous avons montré que la contamination
fongique qui résulte des mauvaises pratiques culturales et
de stockage au Burkina provoquait non seulement une réduction
de la valeur alimentaire des stocks de maïs, mais surtout pouvait
constituer un danger pour le consommateur du fait de la production
des aflatoxines et des fumonisines [4].
A l'issu de mon DEA et lorsque le gouvernement du Burkina Faso
a créé un Laboratoire National de Santé Publique,
j'ai été sollicité pour appuyer l'équipe
de pilotage à mettre en service, la Direction du Contrôle
des Aliments et de la Nutrition Appliquée (DCANA). Aujourd'hui,
grâce à la contribution de nombreux partenaires, nous
avons pu mettre sur pied une structure de référence
en matière d'analyse avec des équipements de pointe
(6 CPG, 4 HPLC, 2 spectrophotomètres d'absorption atomique,
2 spectrophotomètres UV visible tous à pilotage assisté
par PC, 2 postes de sécurité microbiologiques, etc).
Le LNSP ambitionne de contribuer à la sécurité
sanitaire et nutritionnelle des populations. C'est dans cette nouvelle
structure que je mène désormais mon combat contre
la malnutrition. Je travaille sur les facteurs pouvant réduire
l'efficacité du programme d'iodation du sel dans le cas spécifique
de mon pays puisque au cours de ma première étude
sur la disponibilité du sel iodé, nous avons mis en
évidence une perte d'iode entre l'importation et le ménage
pouvant atteindre 25 à 40% en moins d'un mois. Ce qui pourrait
entraver la réussite du programme. Dans les travaux actuels,
nous envisageons étendre l'étude aux zones rurales
où les délais d'approvisionnement sont plus longs
et les conditions de conservation plus précaires. Les recherches
incluront d'une part, les facteurs alimentaires pouvant interférer
avec le métabolisme de l'iode, et d'autre part les obstacles
socioculturels et socioéconomiques ainsi que l'impact du
programme sur l'état de nutrition iodée (y compris
les risques d'hyperthyroïdie induite par l'iode) des populations
des zones à prévalence élevée.
Ma participation à la première conférence
Pan Africaine sur les Nouvelles Technologies de l'Information et
de la Communication pour l'Avancement de la Nutrition (ITANA 2002)
à Nairobi au KENYA a été très enrichissante
pour moi [5]. Elle m'a permis d'une part de voir les espoirs que
représentent les NTIC pour l'amélioration de la situation
nutritionnelle en Afrique et d'autre part de rencontrer des spécialistes
dans le domaine de la nutrition et surtout de partager l'expérience
des autres pays.
Je suis convaincu qu'améliorer la situation nutritionnelle
est essentiel au même titre que protéger les populations
des maladies et garantir l'accès aux soins satisfaisants.
C'est pourquoi, j'invite les jeunes à étudier la nutrition,
afin d'aider les gouvernements et les organismes dans leur combat
contre cette urgence silencieuse que représente la malnutrition.
REFERENCES
1. UNICEF. La Situation des Enfants dans le Monde: Regard
sur la Nutrition, 1998.
2. Sanou DE Etude des Facteurs de Déperdition de
l'Iode du Sel Iodé à Divers Niveaux de sa Distribution
et au Niveau Ménage: Cas de Ouagadougou. Mémoire de
Maîtrise, Université de Ouagadougou, 1998.
3. Sanou D, Ouédraogo MA and AS Traoré Stability
of Iodine in Salt along the Distribution Chain in BURKINA FASO.
Macro and Trace Elements, 2002; 21: 1006-1011
4. Sanou D Etude de la Prévalence des Mycotoxines
dans les Produits Agricoles du Burkina Faso : Cas de la Co-contamination
du Maïs (Zea mays L.) par les Aflatoxines et les Fumonisines
dans l'Ouest Burkina. Mémoire de DEA, Université de
Ouagadougou, 2000.
5. Sanou D, Ouédraogo MA and AS Traoré Facteurs
Influençant la Stabilité de l'Iode au cours de la
Distribution au Burkina Faso. 1st Pan-African Conference "IT
and Nutrition: The Way Forward for Africa" 21-25st July 2002,
Nairobi, Kenya.
Dia Evariste Sanou
Post-graduate
student, Food Technology and Human Nutrition, University of Ouagadougou
and Assistant, Laboratoire National de Santé Publique, Burkina
Faso 09 BP 24 Ouagadougou. Email: dia.sanou@univ-ouaga.bf
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